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Michel GIEN, Co-fondateur et PDG de Twinlife

« L’objectif de Twinlife ? Redonner le contrôle aux gens sur leurs données personnelles […] Cette période a mis le doigt sur ce sujet ! »

Quels services proposent Twinlife ?

Christian Jacquemot et moi avons créé la société Twinlife en 2012.
Notre objectif était de rendre le contrôle aux gens sur leurs interactions au travers des outils internet et en particulier des services de messagerie, appels vocaux et vidéos. Nous avons donc développé “twinme” : une application mobile sur Android et iOS. La version PC est en cours. twinme fonctionne un peu comme WhatsApp ou Messenger : elle permet de passer des appels (vocal et vidéo), d’envoyer des messages textes, photos ou vidéos à une ou plusieurs personnes en même temps.
Par contre, contrairement à WhatsApp, Messenger, ou autres services dits “sécurisés” comme Signal ou Telegram, twinme n’utilise aucune information personnelle. Les utilisateurs de twinme n’ont pas besoin de s’enregistrer, ni d’indiquer leur numéro de téléphone, adresse mail, ou autre user ID, ni donner accès à leur carnet d’adresses. Votre réseau de contacts et le graphe de vos interactions sont ainsi inaccessibles. Ils ne peuvent pas être analysés pour savoir “ce que vous faites” et donc “qui vous êtes” !
De plus, contrairement aux applications concurrentes, toutes les communications y compris les échanges de messages se font en Peer to Peer (P2P), c’est-à-dire directement de terminal à terminal (de téléphone ou tablette à téléphone), sans passer par un serveur de distribution dans le cloud. Les échanges en direct sont normalement utilisés pour les appels (audio et/ou vidéo), mais pas pour les messages qui sont généralement envoyés à un serveur qui les distribue ensuite au(x) destinataire(s).
Avec twinme, les contenus des messages restent dans l’appareil de l’expéditeur, qui se connecte à l’appareil du récepteur pour lui envoyer le message directement.
Un des avantages est de ne laisser aucune trace des contenus (même chiffrée) dans un serveur dans le cloud. De plus, l’absence d’infrastructure de distribution de contenus minimise l’empreinte énergétique et environnementale du service. twinme garantit ainsi la protection de la vie privée de ses utilisateurs.

Quel est votre business model ?

Comme on ne peut pas vendre de données personnelles puisque nous n’en disposons pas, notre business model consiste à licencier twinme à des organisations qui veulent fournir un moyen de communication de confiance au sein de leur communauté. Nous avons d’ores et déjà licencié twinme au groupe Skyrock qui le propose sous la marque « Skred ». A ce jour, twinme et Skred comptabilise 10 millions d’utilisateurs dans le monde (au Moyen-Orient, en Afrique, en Europe, aux Etats Unis, en Russie, en Chine, etc.).

Est-ce que la crise COVID-19 a eu un impact direct sur votre activité ? 

Toute l’équipe TwinLife (9 personnes) a été en télétravail dès le début de la crise.
On s’est rendu compte que notre outil de communication rapprochait les gens qui en avaient grand besoin et on a mis les bouchées doubles. On a développé un service d’audio/vidéo conférence auquel il est possible de se connecter à partir d’un code d’invitation twinme standard. Ce code peut être, par exemple, mis à disposition en bas d’un immeuble pour permettre à ses habitants de le scanner et se retrouver en ligne sans échanger leur numéro de téléphone ou autre donnée personnelle. twinme permet ainsi d’interagir à distance avec des personnes que l’on connait mais aussi que l’on ne connait pas, comme c’est le cas dans la vie “physique”.
On avait imaginé ce service depuis quelques temps, mais la situation COVID nous a incité à le développer plus rapidement.
En effet, le besoin de communications digitales s’est accéléré pendant cette période. Grâce à la dimension « privacy » que l’on garantit, notre service peut être utilisé par des enfants, sans adresse mail et sans numéro de téléphone, pourvu qu’ils disposent d’une tablette avec une connexion wifi. Durant cette période, les enfants pouvaient ainsi effectuer des appels vidéo avec leurs grands-parents, par exemple, en tout sécurité.
Le confinement a validé notre intention initiale qui était justement de redonner aux utilisateurs, le contrôle de leurs services de communications digitales.
L’objectif de Twinlife a toujours été de redonner aux gens le contrôle de leurs données personnelles et contrer ainsi le modèle des monopoles qui fournissent des services “gratuits” en revendant les données de leurs utilisateurs. Cette période a mis le doigt sur ce sujet et sur l’impact social, éthique, que nous cherchons à promouvoir et qui a été validé dans le cadre de cette crise.

Le profil des utilisateurs de twinme a-t-il changé durant cette période ?


twinme est souvent un moyen de communication familial, utilisé en particulier par les familles décomposées. A présent, l’usage est beaucoup plus large. twinme est utilisé, par exemple, par des expatriés ou travailleurs détachés, qui étaient justement éloignés de leur famille pendant la crise.
On pense que cette crise a permis de découvrir notre application au travers du bouche à oreille puisqu’on n’a pas encore les moyens d’investir en marketing.
La crise a eu un impact positif pour nous : les gens avaient besoin de communiquer et plus encore avec des outils sécurisés.

Quelles sont les perspectives d’évolution, que cela concerne votre produit ou la société Twinlife ? 

Au vu du nombre d’utilisateurs de twinme (près de 10 millions), nous envisageons de revoir notre business model. Nous pensons, par exemple, demander à nos utilisateurs de payer certaines fonctionnalités de l’application, tout en maintenant la gratuité des fonctionnalités de base (appels, échanges de messages, etc.).
Nous pensons également nous adresser aux entreprises, type PME ou autres TPE qui utilisent Zoom, Skype, Teams… et de leur proposer de prendre un abonnement de twinme. Cela leur permettrait d’interagir avec leurs collaborateurs, leurs fournisseurs ou leurs clients, sans avoir besoin de partager leurs numéros de téléphone privés.

Michel GIEN,

Co-fondateur et PDG de Twinlife


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